27.11.2008

Ecole des beaux arts blues (2000)

Ils se disent poètes, artistes, comédiens

Qu’on les en juge ils se rétractent, et ne disent plus rien

Prenant orgueilleusement un faux air blasé

Ils s'habillent tant bien que mal d'un peu d'humilité

 

Et comme des chiens fous ils parcourent leur vie

Qu’ils croient une œuvre d'art pour tromper l'ennui

Ils boivent, baisent et chantent, et sur les murs ils pissent

Se soulent jusqu'a la lie, puis soudains ils vomissent

 

Sans souvenir ils se réveillent au matin

Remplit de remord ils sont tout chagrin

Et attendent pour oublier un nouveau soir

De libations fatigués : ils se remettent à boire

 

Ils se mentent poètes, artistes et comédiens

Et attendent de finir leurs pauv' vie d'humain

Ils remplissent leur vie de pieux artifices

Et attendent en riant qu'leur destin s'accomplisse

 

Et que d'leur esprit éthylique enfiévré

Ce n'est pas hasard, ni noble destinée

Que naissent des vers qui sonnent plutôt bien

 

Et de ces couillon j'en suis un bon exemple

Moi qui écris là ce pamphlet par exemple

Ne me croyait pas poète car je ne suis rien

 

Qu'un pou sur la tête d'un chauve détestable

Quand l'aventure arrive je me sauve misérable

Et je crois faire mon chemin de ce mauvais destin !

 

De ces poivrots désenchantés j'en suis

Rarement fier et vainement je poursuis

Cette longue et belle agonie qu'est la vie

 

Et notre présence incongrue ne fait qu'ajouter

A la crasse de notre race : la masse affolé

Des cloportes suintant qui enlaidissent la terre

 

Et l'univers s'en fout comme de sa première comète

Et la plèbe en jouit jusqu'a ce que la planète pette

Nous somme là les poètes, inutiles et bêtes

 

O toi poète inconnu

Je te connais : tu es tout nu

Comme tout le monde petite chose,

Tu bouffe, tu chie (parfois en prose)

 

Et qu'un jour vienne le succès

De plaire aux autres, à leurs idées

Tu oublieras bien vite la bohème

Et la muse qui t'as dit : je t'aime

07.01.2008

Le testament du chômeur

(sur un air a la brassens, gai et enjoué...)

Puisque je n'ai jamais rien fait d'utile
Rien de fondé, rien de bien concret
Puisqu’envers le monde qui m'entour je me détourne
Puisque je suis aveugle et muet à regret

Que quand ma vie vaine et futile
Finira d'une façon certainement con
Que ma façon de vivre en accord avec ma mort
Me renvois ad patres, de n'importe quelle ridicule façon

Qu'une fois donc dans ma vie que je puisse vous être utile
De moi ne conservez que ce que vous pourrez garder
Et pour cela vendez donc mes affaires et mes livres
Qui encombreront sinon les combles des maisons

A mes amies, a mes amis aux prix qu'ils vous donneront
Cela leur fera des souvenir utiles, et sans contrefaçon
Et qu'ainsi l'argent récolté serve à m'enterrer
Dans la plus simple et stricte intimité

Qu'une fois donc dans ma vie ma mort serve a quelque chose
Enterrer moi donc prés d’un arbre fruitier
En pleine terre n'importe où, dans un petit trou
Et plantez au dessus des plantes de toute qualité

Sans aucune croix, je veux pour seul monument
Le bon souvenir des bons moments quand viens le printemps,
Vous récolterez les fruits de mes dernières volontés
Qui pousseront très bien avec un tel fumier

Pour une fois donc dans ma vie
Que je puisse m'assumer, et aider à prospérer
Le jour de ma mort ne me pleurez donc pas
Ça sera mon dernier mais mon meilleur emploi