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27.08.2007

La danse de l'esprit : la nuit

 

           Quand on commence à écrire, l'on ne sait jamais où l'on va s'arrêter. C'est comme une course fluide des doigts de la main devenue subitement autonome, une prolongation de l’inconscient... Une course dénuée de sens, comme le reste. Elle a pour seul but le point final, qui clôture les plus grands des récits comme les plus minables bafouillages. Le sujet importe peu, comme dans une discussion, on peut parler de tout et de rien, le tout est de le faire avec son cœur. 

            La preuve… prends un sujet. Plus facile à dire qu’à faire. Jettes un œil dehors, si tu ne trouves rien dedans. Il n’y a que la nuit, il fait noir, sans bruit, même pas un ovni pour me tirer d’affaire. Et si on parlait pour changer des choses qui sont là plutôt que celles qui devraient y être ?

            La nuit. Hum pourquoi pas, mais la connaissez vous la nuit? vous qui vivez parmi ces villes illuminées qui ont tué jusqu'à la lumière des étoiles, qui dénature jusqu'à la splendeur de la lune rousse, cet espace publicitaire kitsch qu'est devenu notre unique vision, et l'homme n'a plus qu'à regarder ses pieds, puisqu'on lui a supprimé les sobres splendeurs de l'univers. Pourquoi en effet lever la tête, puisqu'aujourd'hui l'infini du regard ne traverse plus la voute céleste.

            Alors la vraie nuit? Celle qui tombe comme un glas sur nos derniers espoirs, celle qui a vu germer nos pires cauchemars d'enfance, celle des loups et des créatures innommables (du moins qui ne peuvent être nommé de peur que celles ci apparaissent), t’en souviens tu?

            Vous souvenez vous de l'époque où l'imaginaire et le rêve côtoyait la réalité, avant que l'on décide une fois pour toute de différencier ces deux mondes? 

           Ainsi on peut être seul dans la foule, dans la forêt, dans la maison, mais c'est la nuit seulement que jaillit cette peur, cette angoisse, ce sentiment glacé comme une sueur d'outre-tombe qui nous submerge. Nous découvrons alors le sens réel du mot "solitude". 

            Cette terreur est la dernière, qui nous vient du plus profond des âges farouches et anti technologiques. C'est elle qui nous a fait créer les démons pour l'expliquer, et les divinités pour nous en protéger. L'humain, animal diurne par excellence, ne trompe t'il pas ces peurs par le tapage nocturne pour repousser ce silence oppressant? 

            Le soleil se couche, puis le ciel devient bleu : le crépuscule bascule dans la nuit. C'est "l'heure bleue" des celtes, celle qui permettait de passer vers "l'autre monde", le Sid, celui des fées et des farfadets. Les animaux même font silence un cours moment... Survivrons-nous? 

           Puis la vie reprend, mais nos peurs restent. Les ombres se déforment, se transforment, un arbre devient chimère, les pierres deviennes autant de cranes, autant de visages. Le murmure des cascades et du vent deviennent des paroles, puis des cris...

            Le salut de la raison est de se tourner vers les étoiles, seul élément stable et immuable. Les anciens ne s'y étaient pas trompés, eux qui lisaient les augures du lendemain parmi les constellations. Prévoir l'aube, c'est déjà faire un grand pas dans la nuit.

           Le ciel devient bleu, puis les étoiles s'éteignent : l'aube émerge majestueuse comme un nouveau né. C'est "l'heure bleue" des celtes, celle qui permet de revenir de "l'autre monde", le Sid, celui des fées et des farfadets. Les animaux même font silence un cours moment puis crient leurs joies... nous avons survécu !

            Le feu a été notre premier allié. Repoussant nos terreurs nocturnes. Face au grand vide, l'homme se regroupa autour du foyer; mais la lumière du feu n'a qu'une courte portée. Elle nous a parfois détourné de regards lointains.

            Voila, les mains se calmes, les doigts cesses de voler au dessus du clavier et de maltraiter les touches. Presque avec regret. Le point a quelque chose de violent à la fin de la ligne. Il découpe en tranche le texte encore vivant, et mets fins à sa vie semblable à Atropos la Parque coupant le fil du destin d’un être cher.            Pourtant l’histoire continue, les idées comme autant de vies d’homme se poursuivent, s’inventent et se répètent, toujours avec des trames paraissant identiques dans la continuité mais toujours différentes  dans la complexité.

            D'ailleurs cela me donne l’idée d’un jeu. D’un jeu avec toi. Si tu as le temps, et ça ne prendrais que quelque seconde à mon avis : laisse moi en réponse à ce bafouillage un mot, un thème, une idée, une phrase, et je m’amuserai à laisser mon esprit battre la campagne à partir de ceux ci. Hé ! Ça peut être plaisant. Comme indiquer à un voyageur un site qu’on n’a trouvé beau, un chemin qui nous a ému, et ensuite entendre son récit, être stupéfait des choses qu’il a vu et qu’on n’a pas vu, déçu de ce qu’il a manqué, enjoué de ce qu’il a remarqué.

            Lances moi des mots, des questions, des pensées… rien n’est imposé (pour une fois), tout est possible (pour toujours).

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